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Word Movie / Fluxfilm n°29

 
 
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Voix et Voir 2
Cinéma "Les 3 Luxembourg" 27 mars 2008 à 21 heures.
Programmation : Claudine Eizykman

Avec

McLaren et ses doodles, Pierre Rovère et le premier film enregistré à l’ordinateur et Jenny Davidson et son film piqué à la machine. Marie Menken et sa musique de l’œil, Paul Sharits et son film Fluxus n°29 Word Movie, Peter Kubelka et Arnulf Rainer et Michael Snow et sa leçon d’histoire du cinématographe filigranée.


 
 

Dots, Norman McLaren, 1940, 2'21, couleurLoops, Norman McLaren, 1940, 2'40, couleur. Musique : son dessiné à la main sur la bande sonore du film " Dans Dots, Loops...des points, des lignes, des étoiles, des formes fluctuantes et souples oscillent entre purs jeux visuels, géométries mouvantes, et une sorte de vie amibienne, antagonismes, fusions, poursuites, flirts..." Dominique Willoughby

Synchromy, Norman McLaren, 1971, 7'25, couleur, son : Roger Lamoureux, effets spéciaux : Ron Moore. "...Et si le dessin peut aussi s'entendre, le son peut aussi alors se voir, c'est le tour de force synesthésique accompli dans Synchromy, dans lequel les ondes carrées de la piste sonore constituent également la structure spatio-temporelle de l'animation." Dominique Willoughby

Black and Light, Pierre Rovère, 1974, 8', 16mm, n&b. "A l'extrême pôle de l'abstraction, le film de P. Rovère, directement enregistré et perforé à l'ordinateur, est un jeu rythmé de points et de trous suivant un programme déterminé...La "bande son"est obtenue également par perforation de la piste sonore suivant la même technique que celle de l'image."H.Fouladvind, 1976.

Eye Music In Red Major, Marie Menken, 1961, 6', 16mm, couleur. “Une étude de la lumière visant à éprouver la persistance de la vision et la fatigue de l’oeil.” Marie Menken

Arnulf Rainer, Peter Kubelka, 1958-60, 6'30, 16mm, n&b. "Ici le cinéma est au-dessus de tout autre medium artistique: aucune forme visuelle ne peut vous donner une nouvelle sensation visuelle chaque vingt-quatrième de seconde...Pour aimer le film Rainer, vous avez seulement à aimer l'élément, la lumière."Peter Kubelka, 1971.

Word Movie / Fluxfilm n°29, Paul Sharits, 1966, 4',16mm, couleur, voix et bande sonore : Barbara et Robert Forth. "Environ 50 mots "repris" visuellement dans des relations séquentielles / bande son faite de mots structurés / chaque photogramme portant un mot différent ou une bribe de mot, de sorte que les mots seuls optiquement et conceptuellement fusionnent en un seul long mot de 3 3/4 minutes." Paul Sharits.

Filfilmachine à Coudre, Jenny E.Davidson, 1976, 11’, amorce blanche. "Piquée à la machine, l'amorce est trouée, épaissie : un fil rouge et un fil violet y zigzaguent. C'est ce "tissu" qui est projeté : les trous éclatent, les fils s'effilochent".Jenny E. Davidson.

So is this, Michael Snow,1982, 39', 16mm, couleur. "Le film "So is This" présente à l'écran un mot seul, suivi d'un autre, pour (généralement) former des phrases (dans l'esprit du spectateur). Les mots sont le plus souvent écrits en blanc sur fond noir, de sorte qu'ils "brûlent" la rétine et se superposent au mot suivant."Max Knowles, 1999.

 
 

Voix et voir II : l’image crée le son, deux fois

Dès la fin des années 1920, les relations du cinéma et du son, de la vision et de l'audition, furent  effervescentes : refus et anathèmes, peur de la soumission du cinéma aux autres arts et du visuel au parlant; il en résulta néanmoins de véritables créations visuelles et sonores, entre images et sonorités, voir et voix proliférèrent dans l’avant-garde et l'ensemble des cinématographies. Parce que l'ouïe et la vue outrepassent la sphère des seuls sons et images, et engendrent des niveaux de complexité et d’interrelations multiples et réciproques, le sonore subit un déplacement de sa fonction habituelle qui est d'anticiper, d'amortir et d'harmoniser les effets de déstabilisation que les actions narratives peuvent produire.

À l’inverse, ce programme explore un spectre de transformations par échanges de sensations : le voir déclenche des sonorités, deux fois.  Une première fois, l’intensité du voir malgré l’absence de son déclenche des sonorités par saturation du niveau visuel : ainsi Eyes Music in Red Major(1961)de Marie Menken.Word Movie Fluxus Film n°29  (1966) de la période Fluxus de Paul Sharits dans lequel une bouche articule des mots mais n’émet aucun son ; tandis que So Is this (1982)de Michael Snow présente des mots sur l’écran sans qu’ils soient prononcés. La deuxième fois, la relation bouleversée de la voix et du voir tient à la lecture de l’image cinématographique par les capteurs de la piste sonore du projecteur et vice versa : si dans Arnulf Rainer (1958-60) de Peter Kubelka, Black and Light (1974) de Pierre Rovère et Filfilmachine à Coudre (1976) de Jenny E. Davidson, l’image suscite des sons en rafale, dans Synchromy (1971),  Dots (1940)  et Loops  (1940) de Norman McLaren, l’image crée des sons harmonieux..

Le voix-voir soulève soudain les liens établis et les défait : le son se fait voir et le voir se fait son : le film se fait cinéma.

Claudine Eizykman

 
 
 
Avec le soutien de la Ville de Paris et du Centre national de la Cinématographie
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