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19 Heures :
Two-Pence Magic (Zweigroschenzauber / Deux doigts
de magie)
de Hans Richter
1930. 16 mm. N & B. Allemagne. 2'. (Publicité
pour lIllustrierte Zeitung)
Ritual in transfigured Time
de Maya Deren
1946. 16 mm. N & B. Etats Unis. Silencieux. 15'.
DArt Moderne
de Dominique Willoughby
1977. 16 mm. Couleur. France. 09'50".
Version sonore en 1992. Musique de Parazite Système
Sonore : Joëlle Colombeau et Spot D. Phélizon.
<---> (Back and Forth)
de Michaël Snow
1968/69. 16 mm. Couleur. Etats-Unis. 52'. Son Darvin
Studio. Avec Emmett Williams, Nancy Graves
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21 Heures
:
The Decay of Fiction
de Pat ONeill
2002. 35 mm. Couleur. Etats-Unis. 74 min.
Muse: Beverly O'Neill
Avec : Wendi Winburn, William Lewis, Julio Leopold,
Amber Lopez, Jack Conley, John Rawling, Patricia Thielemann,
Dan Bell, Kane Crawford, Damon Colazzo, Jacqueline Humbert,
Judy Lieff.
Son : Cole Rushing
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Dans le long processus créatif
hors de la narration canonique Le Journal Filmé
et les Nouvelles Narrations occupent des places dissemblables
: Le Journal Filmé présente le cercle
intime des cinéastes quil métamorphose
visuellement en blocs solides saillants et linéaires,
puis en témoignages plus quen souvenirs,
accédant par là même à luniversalité.
Tandis que les Nouvelles Narrations y conduisent par
des voies obvies et distanciées, choisissant
des lieux, des édifices publics voire prestigieux,
une revue, des personnes anonymes, emportés dans
le flux des temps, dans lequel présents et passés
sentremêlent, enveloppés dans des
faits dhistoire qui débordent les souvenirs
personnels ; une narration se crée dont les divers
temps comme les multiples états visuels restent
indiscernables à linstar de notre réalité.
Dentrée de jeu Pat ONeill évoque
à propos de The Decay of Fiction les jeux lancinants
que cette expression Le Déclin de la fiction
a suscité dans le processus créatif de
son film et ses conséquences : " Il ny
a pas dhistoire, seulement de laction- action
et implication- la fiction est partout et nulle part.
" The Decay of Fiction a pour trame les investigations
dune chanteuse portant sur un groupe de trois
hommes, relayées par celles massives de détectives
venus enquêter sur un meurtre à lHôtel
des Ambassadeurs fréquenté par le monde
de la politique (avec lassassinat de Robert Kennedy)
du cinéma (avec ses stars) et de la musique (avec
la salle du Coconuts grove).
De cette trame ne cessent de jaillir en une suite ininterrompue
des sites et des silhouettes à la fois reconnaissables
et imperceptibles, images parfois franches et soudainement
traversées par leurs décalques somnambuliques,
opalescents, transparents. Lhôtel de The
Decay of Fiction, que Pat ONeill dans sa jeunesse
a visité, est le symbole des mythes persistants
et emblématiques des années 60, de tous
les spectacles, politiques, artistiques, cinématographiques,
de la gloire et de la chute qui atteignent irrémédiablement
les personnes, lhôtel et même la forme
filmique, mais celle-ci se relève et se transforme
en une nouvelle narration sidérante.
De manière similaire Hans Richter dans Two Pence
Magic joue dun tamponnement cinématographique
pour dynamiter un raccord narratif avec humour; dans
Ritual in Transfigured Time de Maya Deren, les invités
dune soirée se déplacent dans une
maison presque vide, joyeux et bruyants ou absents et
ralentis, auréolés alors de leur double
imperceptible qui les décomposent pour les reconstituer
en figures hallucinées. Cest un ascenseur
(du Centre Beaubourg) que Dominique Willoughby dans
DArt Moderne a saisi au long de son déplacement
impersonnel et incessant mais en le dédoublant
avec son calque graphique singulier , il reconstitue
son histoire, son lieu et lui restitue son nom. Michael
Snow dans <---> (Back and Forth) métamorphose
une salle détude de lUniversité
Farleigh Dickinson in Madison désertée
l été, en un champ daffrontement
des images présentes et passées, paisibles
ou déchaînées, de spectres et de
vivants, furtifs ou détendus qui, brassés
dans une fulgurante composition cinématographique,
se muent en un grandiose paysage inconnu né du
concassage de la nature, des pierres et des chairs.
Ainsi dans cette série de films la narration
renouvelée procède particulièrement
de la réplication, de lentrechoquement
de ses temporalités, de ses vues et de ses mouvements.
Claudine Eizykman
Programmation : Claudine Eizykman,
Assistée de Claudine Le Pallec Marand. Ont collaboré
: Guy Fihman, Dominique Willoughby, Solveig Seiler,
Florence Dupont, Sylvain Legrand / Cinédoc Paris
Films Coop Jean-Baptiste
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