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  The Decay of Fiction  
 
  Ritual in transfigured time  
 
  D'Art Moderne  
         
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  Le Panthéon du Cinéma Expérimental
Nouvelles Narrations
Le Jeudi 26 mai 2005 à 19 et 21 H.
Au Cinéma Le Panthéon

13, rue Victor Cousin 75005 Paris. Métro Luxembourg.
5,50 euros (1 séance) 8 euros (2 séances)
 
   
 

19 Heures :
Two-Pence Magic
(Zweigroschenzauber / Deux doigts de magie)
de Hans Richter
1930. 16 mm. N & B. Allemagne. 2'. (Publicité pour l’Illustrierte Zeitung)
Ritual in transfigured Time
de Maya Deren
1946. 16 mm. N & B. Etats Unis. Silencieux. 15'.
D’Art Moderne
de Dominique Willoughby
1977. 16 mm. Couleur. France. 09'50".
Version sonore en 1992. Musique de Parazite Système Sonore : Joëlle Colombeau et Spot D. Phélizon.
<---> (Back and Forth)
de Michaël Snow
1968/69. 16 mm. Couleur. Etats-Unis. 52'. Son Darvin Studio. Avec Emmett Williams, Nancy Graves…

21 Heures :

The Decay of Fiction

de Pat O’Neill
2002. 35 mm. Couleur. Etats-Unis. 74 min.
Muse: Beverly O'Neill
Avec : Wendi Winburn, William Lewis, Julio Leopold, Amber Lopez, Jack Conley, John Rawling, Patricia Thielemann, Dan Bell, Kane Crawford, Damon Colazzo, Jacqueline Humbert, Judy Lieff.
Son : Cole Rushing

 
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Dans le long processus créatif hors de la narration canonique Le Journal Filmé et les Nouvelles Narrations occupent des places dissemblables : Le Journal Filmé présente le cercle intime des cinéastes qu’il métamorphose visuellement en blocs solides saillants et linéaires, puis en témoignages plus qu’en souvenirs, accédant par là même à l’universalité. Tandis que les Nouvelles Narrations y conduisent par des voies obvies et distanciées, choisissant des lieux, des édifices publics voire prestigieux, une revue, des personnes anonymes, emportés dans le flux des temps, dans lequel présents et passés s’entremêlent, enveloppés dans des faits d’histoire qui débordent les souvenirs personnels ; une narration se crée dont les divers temps comme les multiples états visuels restent indiscernables à l’instar de notre réalité.
D’entrée de jeu Pat O’Neill évoque à propos de The Decay of Fiction les jeux lancinants que cette expression Le Déclin de la fiction a suscité dans le processus créatif de son film et ses conséquences : " Il n’y a pas d’histoire, seulement de l’action- action et implication- la fiction est partout et nulle part. " The Decay of Fiction a pour trame les investigations d’une chanteuse portant sur un groupe de trois hommes, relayées par celles massives de détectives venus enquêter sur un meurtre à l’Hôtel des Ambassadeurs fréquenté par le monde de la politique (avec l’assassinat de Robert Kennedy) du cinéma (avec ses stars) et de la musique (avec la salle du Coconuts grove).
De cette trame ne cessent de jaillir en une suite ininterrompue des sites et des silhouettes à la fois reconnaissables et imperceptibles, images parfois franches et soudainement traversées par leurs décalques somnambuliques, opalescents, transparents. L’hôtel de The Decay of Fiction, que Pat O’Neill dans sa jeunesse a visité, est le symbole des mythes persistants et emblématiques des années 60, de tous les spectacles, politiques, artistiques, cinématographiques, de la gloire et de la chute qui atteignent irrémédiablement les personnes, l’hôtel et même la forme filmique, mais celle-ci se relève et se transforme en une nouvelle narration sidérante.
De manière similaire Hans Richter dans Two Pence Magic joue d’un tamponnement cinématographique pour dynamiter un raccord narratif avec humour; dans Ritual in Transfigured Time de Maya Deren, les invités d’une soirée se déplacent dans une maison presque vide, joyeux et bruyants ou absents et ralentis, auréolés alors de leur double imperceptible qui les décomposent pour les reconstituer en figures hallucinées. C’est un ascenseur (du Centre Beaubourg) que Dominique Willoughby dans D’Art Moderne a saisi au long de son déplacement impersonnel et incessant mais en le dédoublant avec son calque graphique singulier , il reconstitue son histoire, son lieu et lui restitue son nom. Michael Snow dans <---> (Back and Forth) métamorphose une salle d’étude de l’Université Farleigh Dickinson in Madison désertée l ‘été, en un champ d’affrontement des images présentes et passées, paisibles ou déchaînées, de spectres et de vivants, furtifs ou détendus qui, brassés dans une fulgurante composition cinématographique, se muent en un grandiose paysage inconnu né du concassage de la nature, des pierres et des chairs. Ainsi dans cette série de films la narration renouvelée procède particulièrement de la réplication, de l’entrechoquement de ses temporalités, de ses vues et de ses mouvements.

Claudine Eizykman

Programmation : Claudine Eizykman,
Assistée de Claudine Le Pallec Marand. Ont collaboré : Guy Fihman, Dominique Willoughby, Solveig Seiler, Florence Dupont, Sylvain Legrand / Cinédoc Paris Films Coop Jean-Baptiste

     
 
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